Renaud Payre, pourquoi êtes-vous candidat de la Gauche unie à la Métropole de Lyon?

RENAUD PAYRE : Parce qu’il y a des crises et des urgences. Il nous faut relever les manches et passer à l’action. Il faut un sursaut individuel citoyen. Mon engagement, c’est ma candidature pour la Gauche unie à la Métropole de Lyon.

 

Vous n’avez jamais été candidat à une élection. Mais vous vous inscrivez dans une histoire politique à gauche. Où commence-t-elle ?

RENAUD PAYRE : Je suis né à Grenoble en 1975 dans une famille de gauche. On parlait politique à la maison. La politique s’invitait à tous nos repas. Grenoble, c’est une histoire particulière de la gauche. La ville est l’un des berceaux de la deuxième gauche avec, en 1965, l’élection de son maire, Hubert Dubedout. Issu d’un groupe d’action citoyen, le GAM, il avait été à l’époque élu contre toute attente. Sa défaite en 1983, face à Alain Carignon a été brutale. À l’époque, les électeurs de gauche ont considéré un peu trop facilement que sa réélection était acquise. Ils se sont montrés trop confiants et ils se sont réveillés dans le désespoir. Je n’étais pas né, mais cet échec représente un souvenir familial douloureux. C’est pourquoi j’ai toujours considéré qu’on ne devait pas sous-traiter son engagement ; qu’on ne devait pas laisser passer un rendez-vous électoral par désabusement, négligence ou ignorance des enjeux. Les lendemains sont alors très cruels.

 

Qu’est-ce qui vous influence aujourd’hui, vous homme de gauche, pour la Métropole de Lyon ?

RENAUD PAYRE : Le quinquennat de François Hollande, qui avait débuté dans l’espérance, a créé de nombreuses désillusions. Emmanuel Macron est arrivé avec un logiciel selon lequel la gauche et la droite se valaient. Il a fait croire que l’affrontement entre les deux segments de la politique française, sur lequel repose toute notre histoire politique, n’avait plus de sens, n’était plus d’actualité, nécessitait d’être remisé. Voilà un homme qui s’étourdit d’histoire. Mais il ne s’interdit pas de piétiner l’histoire politique dès lors qu’elle contredit son dessein personnel. On voit bien d’ailleurs combien, dans un contexte de grands doutes politiques, cette chanson a fait croire à un renouveau, à une dynamique nouvelle, à une modernité. Trois ans plus tard, nous mesurons les limites de cette stratégie qui fait triompher les néolibéralismes et qui pénalise les plus modestes.  C’est pourquoi la gauche doit être forte et présente.

 

Pour vous, à l’inverse d’Emmanuel Macron et des marcheurs, la droite et la gauche sont donc bien différentes, n’est-ce pas ?

RENAUD PAYRE : Oui ! La droite et la gauche sont différentes. Prétendre le contraire est un mensonge. Le quinquennat Macron en témoigne. Les politiques mises en œuvre ne servent qu’une frange de la société : les plus aisés. Les classes moyennes et populaires ont été abandonnées. C’est pour elles, pour ces grandes oubliées, que la gauche devait partir unie aux prochaines élections sur la métropole de Lyon. C’est ce qu’elle a fait !

 

Êtes-vous à l’origine de la liste C’est la gauche unie que vous animez pour gagner les élections métropolitaines à Lyon ?

RENAUD PAYRE : J’en avais l’envie. J’en avais la conviction. J’ai tout fait pour que nous y parvenions. Les formations politiques de gauche  — Parti Socialiste, Parti Communiste Français, Génération.s, Manufacture de la Cité, Nouvelle Donne,
Place Publique, militants de la France Insoumise — et des personnalités ont accepté de s’asseoir autour de la même table, de rechercher leur dénominateur commun, de trouver un terrain d’entente. Elles se sont dépassées. Elles ont réussi. En me confiant la responsabilité de la liste métropolitaine, elles ont acté de leur volonté d’être présente à l’élection dans l’unité. La gauche existe. La gauche sait se rassembler. La Gauche unie porte un projet. Ce sont des messages clairs dont je suis le premier des porte-parole en tant que candidat à la présidence de la Métropole.

Pourquoi une liste de la Gauche unie était-elle indispensable sur la Métropole lyonnaise justement ?

RENAUD PAYRE : Parce que Lyon est l’un des points de départ du « marchisme », le mouvement d’Emmanuel Macron. Il a été porté par Gérard Collomb et David Kimelfeld. Je rappelle qu’en passant du Parti Socialiste à En Marche, ils ont emmené avec eux de nombreux militants socialistes, portant un coup qui aurait pu être fatal au PS. Depuis, les deux marcheurs de la première heure affichent leur détestation. Qui a trahi trahira et sera trahi ! Voilà la leçon de cette tragédie. Sauf qu’il ne s’agit ni d’un livre ni d’un film ! Et que la vie quotidienne de centaines de milliers d’habitantes et d’habitants est tributaire de leurs jeux de pouvoir et de leurs divisions. Qui plus est, ils sont l’un et l’autre trop enfermés dans leurs querelles pour porter une vision juste de la Métropole.

 

C’est la première fois que le président de la Métropole de Lyon sera élu au suffrage universel, comme l’ont voulu Gérard Collomb et Michel Mercier, alors sénateurs. Est-ce une bonne chose ?

RENAUD PAYRE : Lorsque l’on est de gauche, on se réjouit toujours que les citoyens puissent voter. Dans le cas de la Métropole de Lyon, cas unique en France, les arrangements électoraux Collomb-Mercier ont occulté les véritables enjeux d’une agglomération comme la nôtre. Il en résulte un mode de scrutin complexe. Les 15 et 22 mars, les électeurs de la Métropole devront voter deux fois. Une fois pour désigner leur maire et leurs représentants au conseil municipal. Une fois pour désigner leur président de la Métropole et leurs représentants au conseil métropolitain. Il y aura deux urnes, l’une pour la ville, l’autre pour la métropole. Il y aura deux bulletins de vote. J’invite les électrices et les électeurs de gauche à voter deux fois pour la Gauche unie, la Gauche unie dans leur commune, la Gauche unie à la métropole.

 

À suivre, deuxième volet : Renaud Payre et la question du logement